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Perspectives Commerçants

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En 2026, les cotisations sociales d’un auto-entrepreneur représentent généralement entre 12,3 % et 25,6 % du chiffre d’affaires encaissé, selon la nature de l’activité.
À ce prélèvement principal s’ajoutent la contribution à la formation professionnelle, certaines taxes consulaires, la cotisation foncière des entreprises et l’impôt sur le revenu.
Ce guide détaille ces charges et montre, à travers trois exemples, ce qu’il reste après les dépenses professionnelles.
Les charges sociales d’un auto-entrepreneur sont calculées en appliquant un pourcentage au chiffre d’affaires effectivement encaissé. Les dépenses réelles ne réduisent pas cette base : un commerçant qui encaisse 5 000 € et dépense 2 500 € en stock déclare toujours 5 000 €. En revanche, si aucun chiffre d’affaires n’est encaissé, aucune cotisation sociale proportionnelle n’est due.
Le micro-entrepreneur déclare son chiffre d’affaires tous les mois ou tous les trimestres. Les cotisations couvrent l’assurance maladie-maternité, les indemnités journalières, la retraite de base, la retraite complémentaire, l’invalidité-décès, les allocations familiales et la CSG-CRDS. Ces cotisations sont définitives, sans régularisation annuelle fondée sur le bénéfice réel.
Cette simplicité impose de surveiller la marge : à chiffre d’affaires égal, le revenu varie selon les achats, le local ou le véhicule. Le régime micro convient mieux lorsque les frais réels restent maîtrisés.
En 2026, les cotisations sociales varient de 12,3 % à 25,6 % du chiffre d'affaires encaissé selon l'activité : 12,3 % pour la vente et la restauration, 21,2 % pour les services BIC, 25,6 % pour les BNC hors Cipav et 23,2 % pour les professions relevant de la Cipav. Le taux dépend de la catégorie déclarée à la création.
Pour une activité mixte, chaque fraction du chiffre d’affaires relève de son propre taux. Un food truck encaissant 6 000 € de ventes de repas et 1 000 € de prestations événementielles ne doit pas appliquer un taux unique à 7 000 € : les deux montants sont déclarés séparément.
Les cotisations sociales ne représentent pas toutes les charges auto-entrepreneur. D’autres prélèvements doivent être intégrés aux prix et à la trésorerie. Ils comprennent la contribution à la formation professionnelle, les taxes consulaires, la CFE et, selon votre situation, l’impôt sur le revenu.
La CFP représente 0,1 % du chiffre d’affaires pour un commerçant, 0,3 % pour un artisan et 0,2 % pour une profession libérale. Ainsi, un artisan réalisant 40 000 € de chiffre d’affaires paie 120 € de CFP. Elle est prélevée avec les cotisations sociales et ouvre des droits à la formation sous certaines conditions.
À partir de la deuxième année, certains artisans et commerçants paient une taxe calculée sur le chiffre d’affaires. Hors particularités locales, le taux est notamment de 0,015 % pour la vente relevant d’une chambre de commerce, 0,044 % pour les prestations commerciales, 0,22 % pour l’achat-revente artisanal et 0,48 % pour les services artisanaux. La taxe n’est pas due lorsque le chiffre d’affaires de l’avant-dernière année reste inférieur à 5 000 €.
Le micro-entrepreneur est exonéré de CFE pendant l’année de création. Elle devient généralement exigible ensuite, même lorsque l’activité est exercée à domicile ou chez les clients. Son montant dépend de la commune, de la valeur locative du local ou d’une base minimale liée au chiffre d’affaires. Une exonération s’applique lorsque le chiffre d’affaires de référence ne dépasse pas 5 000 €.
Prévoyez plusieurs centaines d’euros par an, davantage dans certaines communes ou pour un local valorisé. Constituez cette réserve avant l’avis de décembre.
Sans option particulière, l’administration applique un abattement forfaitaire au chiffre d’affaires avant de soumettre le revenu calculé au barème progressif. L’abattement remplace la déduction des frais réels : il est de 71 % pour l’achat-revente, de 50 % pour les services BIC et de 34 % pour les BNC.
Sous condition de revenu fiscal, le versement libératoire permet de payer l’impôt en même temps que les cotisations : 1 % du chiffre d’affaires pour la vente, 1,7 % pour les services BIC et 2,2 % pour les BNC. Cette option peut être défavorable à un foyer non imposable.
L’ACRE réduit temporairement les cotisations sociales des créateurs et repreneurs répondant aux conditions d’éligibilité. Elle concerne notamment certains demandeurs d’emploi, bénéficiaires de minima sociaux, jeunes de 18 à 25 ans, personnes handicapées de moins de 30 ans et créateurs installés dans certaines zones prioritaires.
La date de création est devenue déterminante. Pour un début d’activité intervenu au plus tard le 30 juin 2026, le taux réduit correspond à 50 % du taux normal. Pour une création à compter du 1ᵉʳ juillet 2026, l’exonération n’est plus que de 25 % : l’entrepreneur paie donc 75 % du taux habituel. Une activité de service BIC passe ainsi de 21,2 % à 15,9 %, contre 10,6 % auparavant. Pour la vente, le taux réduit après le 1ᵉʳ juillet est de 9,2 %, au lieu de 6,2 % avant cette date.
L’exonération court jusqu’à la fin du troisième trimestre civil suivant celui du démarrage. Commencer au début d’un trimestre permet donc d’utiliser presque douze mois de taux réduit. Une demande accompagnée des justificatifs doit être transmise à l’Urssaf : l’ACRE n’est pas une remise automatique ouverte à tous.
Ces simulations supposent une activité en métropole, hors ACRE, avec versement libératoire et CFE estimée. Les dépenses varient selon le local, le véhicule, les fournisseurs et l’équipement. Les trois cas suivants montrent pourquoi un chiffre d’affaires élevé ne garantit pas un revenu confortable.
Une fleuriste encaisse 72 000 € sur l’année. Son activité principale étant la vente de marchandises, ses cotisations sociales atteignent 8 856 €, soit 12,3 %. La CFP commerciale représente 72 €, la taxe consulaire environ 11 €, et le versement libératoire 720 €. En ajoutant une CFE estimée à 600 €, les prélèvements obligatoires atteignent environ 10 259 €.
Supposons ensuite 27 000 € d’achats de fleurs, plantes, pots et emballages, puis 14 000 € de loyer, énergie, assurance, transport, frais bancaires et petit matériel. Il reste environ 20 741 € sur l’année, soit 1 728 € par mois.
Un terminal de paiement pour fleuriste suit le chiffre d'affaires encaissé au quotidien, mais celui-ci ne correspond pas au revenu : une perte de stock de 3 000 € réduit la somme disponible sans diminuer les cotisations. Suivez donc le chiffre d'affaires encaissé, le coût d'achat et la marge par famille de produits.
Une coiffeuse indépendante encaisse 48 000 € de prestations via son terminal de paiement pour salon de coiffure. À 21,2 %, ses cotisations sociales s’élèvent à 10 176 €. Ajoutons 144 € de CFP artisanale, environ 230 € de taxe consulaire, 816 € de versement libératoire et une CFE estimée à 500 €. Les prélèvements atteignent alors 11 866 €.
Avec 12 500 € de dépenses annuelles pour le local, l’eau, l’électricité, les produits capillaires, l’assurance, le linge, l’entretien et le renouvellement du matériel, le revenu disponible ressort à environ 23 634 €, soit 1 969 € par mois.
Cette estimation suppose un planning rempli. Des remises fréquentes peuvent réduire le revenu. Suivez le ticket moyen, les rendez-vous et les ventes de produits pour fixer des prix couvrant les charges.
Prenons un food truck qui encaisse 90 000 €, répartis entre 75 000 € de ventes de repas et boissons non alcoolisées, et 15 000 € de prestations événementielles facturées séparément. Les cotisations atteignent 9 225 € sur la vente à 12,3 %, plus 3 180 € sur les services BIC à 21,2 %, soit 12 405 € au total.
En retenant 270 € de CFP artisanale, environ 237 € de taxes consulaires calculées selon la ventilation, 1 005 € de versement libératoire et 700 € de CFE, les prélèvements obligatoires approchent 14 617 €. Si les matières premières coûtent 27 000 €, et que le carburant, l’emplacement, l’assurance, l’entretien du véhicule, le gaz, l’électricité, les commissions d’encaissement et les autres frais représentent 20 000 €, il reste environ 28 383 €, soit 2 365 € par mois.
Séparez les flux : le terminal de paiement pour food truck suit les encaissements, tandis que la comptabilité distingue ventes et prestations pour appliquer les bons taux.
Les cotisations sont calculées sur les sommes effectivement reçues, et non sur les factures simplement émises. Une facture de 2 000 € envoyée le 20 décembre mais payée le 10 janvier entre dans la déclaration de janvier, ou du premier trimestre de l’année suivante selon la périodicité choisie.
Cette règle protège la trésorerie : vous ne payez pas de cotisations avant l’encaissement. Elle exige néanmoins un rapprochement précis entre factures, virements, espèces et paiements par carte. Les versements quotidiens améliorent la visibilité, sans remplacer le livre des recettes ni la ventilation des activités mixtes.
En 2026, le plafond du régime micro est de 203 100 € pour le commerce, la restauration et l’hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services BIC ou BNC. Pour une activité mixte, le chiffre d’affaires total doit respecter le plafond général et la part de services doit rester sous son propre plafond.
Un dépassement pendant une seule année ne provoque pas automatiquement la sortie. Lorsque le seuil micro est dépassé deux années civiles consécutives, l’entreprise bascule vers un régime réel au 1ᵉʳ janvier suivant la deuxième année de dépassement.
Les seuils de TVA sont distincts et plus bas. La franchise en base s’applique en principe jusqu’à 85 000 € pour la vente et 37 500 € pour les services. Si le chiffre d’affaires dépasse 93 500 € pour la vente ou 41 250 € pour les services en cours d’année, la TVA devient applicable dès le jour du dépassement. Au-delà du seuil de base sans franchir le seuil majoré, la franchise cesse généralement le 1ᵉʳ janvier suivant.
Devenir redevable de TVA ne signifie pas quitter immédiatement le régime micro. Il faut alors facturer, déclarer et reverser la taxe, tout en pouvant récupérer la TVA sur certains achats. Les opérations avec des fournisseurs étrangers peuvent aussi déclencher des règles d’autoliquidation de la TVA, même lorsque l’entreprise reste en franchise française.
Avec 0 € encaissé, les cotisations sociales proportionnelles et la CFP sont nulles. La déclaration reste néanmoins obligatoire. La CFE peut rester due après l’année de création, sauf exonération lorsque le chiffre d’affaires de référence ne dépasse pas 5 000 €.
Non. Les cotisations et l'impôt sont calculés sur le chiffre d'affaires encaissé, sans déduction des achats, du loyer ou du matériel. Un abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité) tient lieu de prise en compte des frais. Le régime micro reste donc avantageux tant que les charges réelles restent inférieures à cet abattement.
Vérifiez votre éligibilité à l’ACRE, choisissez le versement libératoire uniquement après simulation et classez correctement chaque activité. Réduire les frais, négocier les achats et ajuster les prix améliore aussi le revenu disponible, même si ces dépenses ne diminuent pas les cotisations sociales.
Non. Les cotisations sociales couvrent la maladie, la retraite de base et complémentaire, l'invalidité-décès, les allocations familiales et la CSG-CRDS, mais pas l'assurance chômage. Un auto-entrepreneur qui cesse son activité n'ouvre donc pas de droits au chômage à ce titre, sauf dispositif spécifique comme l'allocation des travailleurs indépendants sous conditions.
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